"Par un beau matin d'été, dans sa petite maison au coeur de la forêt des Rêves Bleue, Winnie l'Ourson fait de la gymnastique. Pff, c'est dur ! Il tire sur ses bras et touche le bout de ses pieds une... deux... trois fois !
'Il faut que je pense à faire ça au moins une fois par semaine, si je ne veux pas grossir.' se dit le gros petit ours."


Voici donc commence débute Winnie l'Ourson et l'arbre à miel. Alors je résume. Dans chef d'oeuvre de la littérature contemporaine, réservé a priori aux maternelles à qui les parents doivent faire la lecture et aux petit-e-s de primaire, Winnie l'Ourson, bébé ours en t-shirt mais sans slip, fanatique de miel et ami du petit Jean-Christophe, 5 ans (atteint d'un autisme certain pour rejoindre les Rêves Bleus au nez et à la barbe de tout-e psychothérapeute lacanien-ne), vit sa petite enfance fascinante entourés d'amis insolites du tigre monomaniaque Tigrou (ouh ouh ouh ouh) qui n'a étrangement jamais essayé de se manger Coco Lapin tartare, une mère célibataire kangourou, Grand-Gourou, et son Petit-Gourou qui survivent apparemment très bien au climat forestier, un Bourriquet dépressif cas il perd fréquemment sa queue, un Porcinet bègue et agoraphobe au dernier degré, un Coco Lapin, donc, hargneux et vieux garçon, un Maître Hibou qui se la raconte et un Grignotin hypercatif qui ne sert à rien.
Déjà, très saine, la forêt enchantée !
Et au milieu de tout ce monde chamarré, le petit Winnie ne 'veut pas grossir'. Et là, je m'insurge. Il n'y a pas autre chose à fourrer dans le crâne d'un-e très jeune enfant que de garder la ligne ? Pardon ?! Alors il est vrai que la gymnastique, c'est très bien, que ne pas se laisser aller, c'est hautement recommandé, mais bon, après, le message subliminal qui implique que 'gros', c'est un synonyme forcé de 'laid', que dès le plus jeune âge, il faut se priver, loucher dans son assiette, se pendre une balance à calories autour du cou est plus que gênant. D'abord parce que c'est aux parents et autres personnes en charge de l'éducation du ou de la mioche de surveiller son apport en glucides, lipides, et tout le toutim, et de lui donner le goût de la nourriture, aussi.
Ensuite parce que voir le Mickey Club du Livre tenter d'instiller à la hache et par la bouche parentale des diktats de beauté obligatoire et "critérisée" sous peine de se retrouver les fesses coincées dans la fenêtre d'un terrier (navrée de dévoiler l'intrigue) sous la risée et victimes des plans de sauvetages foireux d'ami-e-s névrosé-e-s a de quoi rendre malade.
Je l'éduque comment, moi, Marja ? Je la gave de tous ces immondices de phobie du gras et de conformité nécessaire en attendant l'adolescence où elle pourra lire la suite toute seule : un Winnie mince donc beau, forcément, la patte au fond de la gorge et qui a remplacé les pots de miel par des saladiers de cocaïne pour tenir le coup à la Star Academy 15 ? C'est cela, le modèle à broyer dès le plus jeune âge dans l'inconscient des gamin-e-s ?
BORDEL DE MERDE !